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Jana Sterbak
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À l'écran, un jeune homme bègue récite dans l'ordre inverse les articles de la Déclaration universelle des droits de l'homme et du citoyen, que nous écoutons, confortablement installés dans un fauteuil au design moderne (Swan et Egg dessinés par Arne Jacobsen, 1957-1958). Le bégaiement de l'homme perturbe le confort du spectateur qui doit faire un effort supplémentaire pour suivre cet étrange récit du discours déclaratif. La lecture par un bègue des dix-sept articles de la Déclaration est l'expression d'une parole obstinée et persévérante et exprime un droit à la différence. Il est significatif à cet égard que le texte des Droits de l'homme, qui à l'origine était l'expression achevée de l'universalisme, énonce une difficulté d'existence individuelle. Il est d'autant plus significatif que cette installation revendique le droit à la différence par le biais d'une expérience de la lenteur à une époque où chacun est soumis à l'impératif de la promptitude et de la performance. Le temps lent de la récitation exige des auditeurs tolérance et patience. Il oblige chacun à concentrer son attention sur les énoncés. Du même coup, le dispositif de Sterbak exacerbe notre méconnaissance du texte de la Déclaration et exprime une inquiétude devant la responsabilité sociale de l'individu.
Artiste canadienne d'origine tchèque, Jana Sterbak vit et travaille à Montréal et à Barcelone. Depuis 1978, elle expose régulièrement au Québec et au Canada comme à l'étranger une ouvre multiforme et complexe centrée sur le corps humain. Son travail a été présenté lors de nombreuses expositions collectives mais aussi individuelles notamment au Museum of Modern Art de New York, au Musée d'art moderne de Saint-Étienne en France, à la Galeria Antoni Tàpies de Barcelone ainsi qu'au Museum of Contemporary Art de Chicago. Après le MOLMA Kunsthall de Suède, le Musée d'art contemporain de Montréal lui consacrera à son tour, en 2003, une exposition à caractère rétrospectif. Empreintes de surréalisme, les ouvres de Sterbak traitent avec humour et ironie de sujets tels que le pouvoir, la séduction ou la sexualité.
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Jana Sterbak, Déclaration (version Jacobsen), 1993, bande vidéo, 9 min 43 s, deux fauteuils, table en bois et aluminium. Collection du Musée des beaux-arts du Canada. Avec l'aimable permission de Jana Sterbak. |
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