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NICOLAS BAIER
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Pour fabriquer ses images, Nicolas Baier procède
souvent à des balayages systématiques de
la surface des choses : il les réalise avec l’aide
d’un numériseur, réassemblant les
multiples fragments obtenus dans une nouvelle composition
comme on peut l’observer dans Planète
(2003). Cette image, circulaire et monumentale, nous situe
à la surface d’un astre, mais une attention
vigilante nous transporte de proche en proche, par un
effet de travelling, au-dessus d’une table ronde,
aperçue à vol d’oiseau. Le relief
de la planète s’éclipse soudainement
sous la texture d’une table abîmée.
Poursuivant son balayage, le regard rencontre une trouée
perspectiviste, située dans la partie obscure de
la sphère, qui nous ramène aussitôt
dans l’espace planétaire mais, cette fois,
à l’échelle d’un paysage. Les
couches multiples, les effets de report, de condensation
comme les effets d’interférences visuelles
brouillent continuellement le rapport entre les espaces
figurés. Cette tactique produit également
des déplacements visuels inattendus de la surface
à la profondeur ainsi qu’une sorte de télescopage
entre plusieurs lieux. Cette épaisseur de l'image
donne ainsi l'illusion d'un déroulement du temps,
comme si la prégnance visuelle de chacune de ses
strates reproduisait une séquence cinématographique
qui ne parviendrait plus à s'effacer de notre perception.
C'est ainsi qu'à chaque fois que notre regard se
pose sur un espace qui remonte en surface, l’espace
précédent est susceptible d’être
déplacé au second plan, différé,
ou du moins saisi à travers la matière picturale
dont il semble alors enduit.
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Nicolas Baier, Planète, 2003, Lambda print,
diameter 305 cm. Avec l'aimable permission de l'artiste. |
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