accueil > expositions
>
SPACE OF MAKING >Isabelle hayeur
ISABELLE
HAYEUR
|
| |
Le
processus de transformation de la ville constitue le cœur
du projet d’Isabelle Hayeur. Mais plutôt que
d’observer la situation urbaine d’un point
de vue local, elle interroge les effets de la mondialisation
sur les configurations de la ville. Son plus récent
diptyque intitulé Nuit américaine
(2004) reconstitue une station d’essence laissée
à l’abandon, espace vacant et désaffecté
qui nous semble étrange sans doute parce qu’il
est entouré d’édifices de luxe en
construction. Ou serait-ce l’apparente banalité
des images qui nous rend l’endroit si curieux? Encouragés
par le récit qu’elles semblent contenir,
nous cherchons sur leur surface les traces d’une
histoire ou d’une anecdote dont nous pourrions suivre
le fil. Nous réalisons rapidement que les images
ne présentent aucun récit avec rebondissement
malgré qu’elles nous incitent à l’attente
de quelque chose. S’y succèdent plutôt
différentes impressions qu’on dirait produites
par la lumière incertaine. Leur titre renvoie d’ailleurs
à un effet d’éclairage qui, par l’usage
de filtres optiques, permet de filmer le jour des scènes
extérieures en donnant l’impression de scènes
de nuit. Cette conjonction du jour et de la nuit, ici
reproduite par la modification infographique du contraste
des images, explique en partie l’étrange
atmosphère qui se dégage de ce lieu désert.
Un lieu qui nous parle du temps. Reconstitué à
partir d’images aux provenances diverses, il montre
métaphoriquement les transformations synchrones
qui surviennent dans la majorité des grandes villes
d’Amérique du Nord en période économique
favorable. En ce sens, les mutations urbaines d’une
ville s’intègrent à un récit
plus vaste où l’économie planétaire
façonne également la vie quotidienne.
|
|
|
|
|
|
Isabelle Hayeur, Nuit américaine (Ritz Plaza
et Liquidation), 2004, diptych, épreuves digitales,
164 x 110 cm chacun. Avec l'aimable permission de l'artiste. |
|