Parages (partir d’où j’habite) et (toit/nuages), 2002, épreuves au jet d'encre sur
polypropylène, 270 x 752 cm.
Avec l'aimable permission de l'artiste.

Alain Paiement

La représentation du lieu de travail des artistes constitue un véritable genre en photographie. C’est ce que semble montrer le premier plan de Parages (2002), installation photographique d’Alain Paiement dans laquelle se déploient les étages successifs de l’immeuble qu’il habite. Dans la première image, sous-titrée Partir d’où j’habite, il a systématiquement photographié son appartement, de même que la rue devant et la cour arrière, dans des prises de vues plongeantes, à vol d’oiseau, qu’il a ensuite assemblées dans un photomontage monumental. L’espace intérieur semble se jouer dans une double scène où coexistent, grâce à la représentation simultanée du temps, la vie privée et la vie professionnelle. On y observe l’espace de vie de l’artiste où sont aménagées les aires indispensables à l’intimité et, en même temps, on y aperçoit les endroits de l’appartement où se réalise le travail. Sans se prononcer explicitement sur son rapport avec la production artistique, le grand montage d’Alain Paiement tient lieu de ce rapport en nous montrant, par un jeu d’autoréférentialité, une synthèse des étapes de sa conception et de sa production. On y voit en effet les principaux protagonistes – l’artiste, l’infographiste concentré sur son ordinateur, la commissaire en réunion de production avec l’assistant –, tous simultanément occupés à diverses activités. Cela témoigne probablement de la manière dont les artistes travaillent en général, entourés d’assistants et de professionnels, de collègues et d’amis qui s’affairent à la réalisation d’un projet. Cette forme d’entreprise se distingue néanmoins de bien des entreprises comme on peut le constater à la vue de la boutique du boulanger, laquelle occupe l’étage inférieur de l’appartement d’Alain Paiement, où des individus s’activent à la production du pain quotidien.

Depuis les années 80, les travaux d'Alain Paiement ont été présentés à de nombreuses occasions en Amérique et en Europe. Son travail a été particulièrement remarqué en 2002 à la Galerie de l'UQAM qui lui a consacré une grande exposition individuelle. Il a également participé en 1999 à la 3e Biennale internationale de photographie de Tokyo ainsi qu'à la Kunsthalle de Krems en Autriche. Le Centre canadien d'architecture de Montréal présente actuellement son travail dans le cadre de l'exposition Tangent e. On retrouve ses œuvres dans diverses collections publiques au Canada et à l'étranger.

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