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Every Building on 100 West Hastings (2001)
de Stan Douglas montre une section de la rue Hastings
à Vancouver, radicalement transformée
dans les dernières années par la criminalité
et la pauvreté, où s’affairent habituellement
les sans-abri, les travailleurs du sexe, les vendeurs
de drogues et leurs clients. Son titre et sa forme panoramique
évoquent pour certains Every Building on
the Sunset Strip (1966) de l’artiste américain
Edward Ruscha et pour d’autres The Main…
Montréal (1965) de l’artiste québécois
Melvin Charney. Désormais marquée par
les événements d’actualité,
cette image de la rue Hastings est aussi susceptible
de rappeler aux résidants de Vancouver et des
environs les meurtres tragiques d’une quinzaine
de femmes, en majorité des prostituées,
enlevées à partir de 1978 et dont les
corps démembrés ont été
retrouvés en 2002 dans une ferme porcine de Port
Coquitlam. Douglas pose un regard critique, allusif
plutôt que direct, sur cette scène urbaine
où se sont joués et se jouent encore des
drames et des conflits sociaux. Il a emprunté
les moyens de tournage du cinéma pour réaliser
cette séquence photographique des façades
du côté ouest de la rue Hastings captées
la nuit grâce à un système d’éclairage
spécialisé. Les façades ainsi illuminées
donnent l’impression d’un décor reconstitué
dans l’attente des personnages qui devraient éventuellement
s’y produire. Cette stratégie évite
de faire le portrait de la misère des gens qui
occupent habituellement cette rue tout en utilisant
le pouvoir indiciel et allusif de l’image pour
évoquer les causes de son déclin tragique.
Né en 1960, Stan Douglas vit et travaille à
Vancouver. Il a terminé ses études à
l’Emily Carr College of Art and Design en 1982.
Son travail photographique et vidéographique
est reconnu internationalement. Il a notamment réalisé
des expositions individuelles à la Galerie David
Zwirner, New York (2004), à la Kestner Gesellschaft,
Hanovre, Allemagne (2003), à la Contemporary
Art Gallery, Vancouver (2002), à la Serpentine
Gallery de Londres (2002), au Museum of Contemporary
Art, Los Angeles (2001), à la Vancouver Art Gallery
(1999), au Musée d’art contemporain de
Montréal (1996), au Centre Georges Pompidou,
Paris (1994). Il a également participé
à des expositions collectives incluant plusieurs
contributions à la Documenta de Cassel (2002,
1997, 1992), à la Biennale internationale de
Sao Paulo, Brésil (2002), à la Biennale
de Sydney (2000, 1996, 1990), à la Biennale de
Johannesburg (1997) et à la Biennale du Whitney
Museum, New York (1995). Ses œuvres font partie
de nombreuses collections publiques et il est représenté
à New York par la galerie David Zwirner.
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