Extensions de l'image, écrit par Jacinto Lageira


Je te dis que je suis incapable de clore l'exercice, dialogue entre Marie-Ève Charron
et Claire Savoie
(In French only)

CLAIRE SAVOIE



Extensions de l'image
par Jacinto Lageira

Lorsque nous tenons nos bras et nos mains en avant pour nous frayer un chemin dans une foule, pour éviter les obstacles que nous pourrions rencontrer, dans l’obscurité ou en plein jour, nous éprouvons aisément ce que signifie l’idée d’un « corps voyant ». Ce n'est pas seulement notre vision qui est suppléée ou aidée par le tactile, c’est l’ensemble de notre corps et de ses mouvements qui se trouve ainsi informé par la palpation, capable de perceptions inattendues, les êtres et les choses partageant une intimité charnelle que rendait impossible la mise à distance de la seule perception optique. L’un des traits étonnants de Fiction, la série des vidéos de Claire Savoie où le spectateur voit des mains allant à la rencontre des choses afin de progresser apparemment sans but précis1, comme si ces doigts pouvaient devenir les siens, est l’immédiate évidence d’une sensation tactile pourtant restituée par des images séparées de nous spatiotemporellement. Nous n’avons aucune difficulté à nous identifier en imagination à un parcours appréhendé à travers une caméra, puis un moniteur, comme si nous étions en lieu et place de la possesseure des mains, tant les transpositions intersensorielles semblent opérer à notre insu. Ayant depuis longtemps parfaitement intégré dans nos pratiques les possibilités sensitives de toutes sortes de machines, nous avons atteint le stade où l’« effet de réel » est dépassé et résorbé par l’« effet perceptuel ». Alors que le premier s’adressait d’abord au psychique - affects, émotions, réflexion, mémoire -, le second semble maintenant redescendre dans la corporéité en d’innombrables expériences tangibles. La polysensorialité artistique que revendiquaient déjà les Futuristes italiens ou le « dynamisme de la perception » du cinéma total que prophétisait Sergueï Eisenstein paraissent enfin accomplis. En définitive, les technologies contemporaines ne sont rien d’autre que les prolongements plus ou moins sophistiqués de nos corps. Plus efficaces, précises, traitant simultanément les tâches, moins sujettes à épuisement, elles n’en restent pas moins les conducteurs et instruments de nos dynamiques physiologiques et mentales.

Que l’on puisse actuellement diriger par la seule pensée un bras mécanique greffé sur son corps n’est que l’une des étapes, plus ou moins inquiétantes, vers un monde biomécanique encore à venir, mais dont le corps humain demeure le modèle et support. En projetant nos techniques sur la réalité, nous y projetons surtout nos corps, perceptions et désirs. C’est donc cette démarche si humaine qui importe à Claire Savoie et moins les prouesses techniques, d’ailleurs volontairement peu spectaculaires. La série de vidéos citée précédemment en est un parfait exemple, puisqu’elle est, au sens littéral, une expérience à portée de main. Toucher, sentir, palper, agripper, toutes ces sensations relevant de valeurs haptiques nous sont familières dès les premières heures de notre venue au monde, la finesse des analyses et des observations étant ultérieure. Il suffit de ressentir en imagination les textures, grains, chaleurs, formes, rugosités, masses des éléments que parcourent ces deux mains dans Fiction ou dans Ici pour saisir la complexité des informations que nous pouvons expérimenter et mémoriser. Car ces gestes, mouvements et sonorités que l’on peut percevoir dans les vidéos ne sont aucunement virtuels, toute kinesthèse, audition ou vision étant éprouvée par le corps du personnage qui devient le substitut de notre proprioception. Nous ne pouvons projeter fictionnellement notre corps sur ce corps qui avance à l’aveugle que dans la mesure où l’expérience préalable du tactile et l’engagement dynamique de notre corps dans l’espace et le temps ressurgissent d’une réalité vécue. En regardant ces vidéos de Claire Savoie que je sais imaginaires2, irréelles, relevant de la fiction, je sais aussi qu’elles reconduisent à des expériences charnelles qui me sont propres. C’est assurément dans les œuvres d’art que les célèbres propos de Merleau-Ponty dans la Phénoménologie de la perception3, concernant mon corps qui se sait à la fois touchant et touché, à la fois vu et voyant prennent un relief particulier - comme il l’a souvent souligné -, puisque l’attitude esthétique invite de manière immanente à ce retour de la perception sur elle-même : je fais l’expérience de la puissance percevante de mon corps par et dans l’acte en cours.

Aux images perçues dans les vidéos de ce corps qui longe des murs, des vitres, des cages d’escalier, des feuilles d’arbres - convoquant autant de sensations haptiques qu’il existe de tessitures et poids du réel -, il faut adjoindre les images mentales qu’elles suscitent et auxquelles contribuent les sonorités diverses, rarement en correspondance avec les bruits censés provenir de tel attouchement ou glissement des doigts. Bien que la notion d’« image mentale » ne soit pas encore bien définie ni distinguée de nos représentations, doivent de plus être prises en compte les « images sonores » qui apparaissent lorsque tel bruit se fait entendre. Les bruiteurs du cinéma savent parfaitement créer l’équivalent d’une sonorité, accompagnée ou non d’images filmiques, dont les qualités n’ont en réalité aucune attache avec l’objet ou l’action imaginée ou perçue. C’est donc notre système perceptuel qui prend en charge, agrémente et complète physiologiquement et mentalement des éléments sonores qu’il met en forme, ordonne et interprète.

Si dans les vidéos citées de Claire Savoie, ou dans les œuvres spécifiquement sonores telles que Le Cercle des épithètes (1994), le décalage entre vision et audition complexifie nos images mentales, requiert un effort supplémentaire pour tenir ensemble audition et vision, tant l’habituation nous a formés corporellement à compléter un percept par l’autre, l’intersensorialité du visible et du tactile peut aussi être déplacée vers l’audible et l’haptique. Nos images mentales sont alors bien différentes de celles produites selon le modèle visuel, démontrant l’importance de l’inscription corporelle de nos perceptions, le canal sensoriel par lequel a filtré le percept ayant conditionné les images en question. La tentative avouée de Claire Savoie d’approcher au plus près de la monstration de l’invisible perceptuel et mental dans lequel nous évoluons peut donc être redéployée dans des systèmes perceptifs sollicitant peu la vision.

Dans le labyrinthe de Qui se tient sur les lèvres (2004) que le visiteur peut lui-même explorer tactilement s’il le souhaite, actualisant ainsi des valeurs haptiques auparavant transmises par les yeux, une dizaine de voix prononcent une série d’énoncés – « qui se tient »; « qui entend »; « qui ne perçoit pas »; « qui ne sait reconnaître »… - dont le sens n’est pas aisément compréhensible dans le contexte. La puissance d’évocation mentale susceptible d'être engendrée par le langage en ce lieu peut produire deux expériences divergentes : l’une nous incitant à corroborer les phrases par nos actions et, inversement, comme si nous réunissions les mots, le perçu et le mouvement; l’autre, cherchant à séparer notre avancée dans les couloirs de ce que signifient les mots et le toucher, expérience tactile d’ailleurs simple, neutre et vide, comme cet espace lui-même. De fait, même si l’on a tendance à unifier l’expérience en cours, les différentes images mentales provoquées par la voix, l’haptique et les kinesthèses peuvent très bien fragmenter, séparer ponctuellement l’expérience en petits bouts de modalités perceptives qui ne trouveront jamais leur ajointement. Il est vrai que les phrases prononcées semblent commenter ce que l’on perçoit et ce que l’on est en train de faire, cela autant sur le versant positif que négatif : on « entend » et, en même temps, on « ne perçoit pas », l’un pouvant se convertir en l’autre. Il ne s’agit d’ailleurs pas d’une personne singulière, vous ou moi : c’est impersonnel, neutre. Au visiteur de choisir le sens à donner aux phrases, de les relier ou non à sa présence et à ses gestes. La dissociation perceptive est renforcée par le fait que si l’on peut choisir tel ou tel sens pour les phrases il est bien plus difficile de décider du mode d’expérience sensorielle à éprouver. Si je touche les parois, je sens qu’elles sont lisses, je constate que les murs sont plus hauts que moi, j’entends à certaines hauteurs, vois à certaines distances, tout cela n’étant pas modifiable et interprétable comme les mots entendus. Mais l’on ne saurait non plus affirmer que le langage, une fois perçu et compris, est une pure expérience mentale. Le temps, la tessiture, le grain, le débit, voix féminine, masculine ou mécanique, tous ces éléments constituent le matériau physique des phrases apparaissant bel et bien dans une forme, ce que l’on nomme précisément une image sonore. Reste qu’il s’agit également de langage.

Un raccourci conceptuel consisterait à se demander si les autres sortes d’images mentales, qu’elles soient d’origine visuelle, tactile, auditive, gustative ou olfactive, et possédant elles aussi une sémantique, même pauvre, ont une signification langagière. Non pas comme le langage, ou un code ou des signes interprétables immédiatement - un crissement de pneus dans votre dos vous avertit à temps lorsque vous traversez imprudemment la rue -, mais si elles sont tissées de langue naturelle. Et la question se pose tout autant dans les pièces de Claire Savoie n’intégrant aucunement le langage. La rythmique des sonorités, le montage des images, le déroulement des vidéos y forme bien une composition, une trame, un début de narrativité, une diégèse primitive étant ainsi repérable. Mais le retrait ou la relative absence de langage, ou de textes, est aussitôt ressenti, précisément parce que nous vivons nos expériences et plaçons des mots sur ces vécus. Très ancienne question de savoir si nous percevons sans langage. Et, si notre corps n’est pas un pur réceptacle de sensations et de percepts, de savoir à partir de quel moment le langage intervient dans le sensitif et le perçu.

L’installation Quelque chose que l’on croit tenir dans la main (2000) est, dans tous les sens du terme, un questionnement et une topographie au seuil du langage. Dans un espace quadrillé de fils transparents que l’on contemple d’un petit espace aménagé pour une personne juste à l’entrée, on entend les voix d’un homme et d’une femme épelant tour à tour des lettres, lesquelles mises bout à bout forment des mots, ces mots eux-mêmes formant un extrait d’un texte de Clarice Lispector, ou bien des vers tirés d’un poème de Mallarmé. Répondant à son ami Degas qui l’interrogeait sur la manière dont lui venaient les idées pour écrire ses poèmes, Mallarmé répondit : « Ce n’est point avec des idées que l’on fait des poèmes. C’est avec des mots4. » Le propos, rapporté par Valéry, a bien entendu eu une incidence sur ce dernier qui estimait que le « poème est une longue hésitation entre le son et le sens ». L’installation de Claire Savoie est littéralement pour l’auditeur-spectateur cette hésitation, ou plutôt, ce retard, cette élongation du sens en raison du temps nécessaire pour unifier les sons des lettres qui, égrenées, une à une, relèvent de la sonorité pure. À moins de posséder une excellente mémoire ou de noter les lettres entendues dans leur état brut, ce ne sont là ni des mots, ni des idées, bien que cela puisse être un poème. Comme les auteurs de la poésie phonétique, sonore ou concrète, Claire Savoie fait de la matière brute des composantes minimales du langage - lettres, phonèmes - une plastique suffisamment prégnante pour devenir texte littéraire. De même que, pour Cage, les bruits quotidiens peuvent devenir de la musique, ici les seules épellations de lettres peuvent devenir langage poétique.

Prêtant attention aux seules lettres, sans chercher à rétablir leurs liens, nous nous trouvons dans un sensible auditif, sonore, dont la signification possible ne sera pas forcément celle du système de la langue. Le plaisir des sonorités peut nous satisfaire, le matériau brut du langage provoque des images mentales qui ne relèvent pas, quant à elles, nécessairement du langage. Le sens est réduit à du sensible sonore. Alors que si nous mémorisons ou notons les lettres, ce donné brut, apparemment informe, prend consistance et signification. Le sensible sonore devient percept et concept. Le corps de l’auditeur-spectateur est donc bien le lieu de passage psychophysique entre le pur sensible et le sens, son corps faisant ou non résonner les significations possibles ou les sonorités des lettres. Une fois de plus, le corps est, pour ainsi dire, cet instrument à la frontière de la sensation et de la perception, selon que le langage, les mots ou les seules lettres sont en excès ou se raréfient. Étant lui-même matière, forme, sensation, intellect, il n’est certes pas étonnant que notre corps puisse tendre tantôt vers le sensitif, tantôt vers le conceptuel. Encore faudrait-il savoir à partir de quelle phase le sensible ou la matière de nos sensations deviennent concept immatériel. Ce qu’évoque indirectement le titre de la pièce, ce « quelque chose que l’on croit tenir dans la main » et qui, en passant dans les seuls concepts et idées, en a disparu.

Si la mémoire, dont les liaisons sont excessivement distendues, finit par se déliter dans le pur sonore pour cette dernière pièce, dans la série des Dates-vidéos, œuvre en cours depuis 2006, elle est au contraire saturée d'informations verbi-voco-visuelles, impossibles à retenir pour la raison inverse. La profusion des images véritables que nous voyons et entendons, associées aux images mentales qui les suivent, fait en sorte qu’il est impossible de tenir ensemble les diverses modalités perceptuelles, l’une prenant toujours le pas sur l’autre selon la focalisation de notre attention. Claire Savoie ayant exploré quasiment toutes les variations entre les textes ou mots qui défilent ou s’affichent, se mélangent, se superposent, recouverts ou suivis par les images, des voix, des sons divers, en relation ou non avec les images, des notes personnelles, des citations d’écrivains, etc., et, surtout, étant donné le temps ramassé dans lequel tout cela se donne simultanément aux sens et à la compréhension, nous sommes nécessairement happés par tel bruit, texte, phrase entendue, ou encore par l’image qui peut faire passer au second plan de notre attention les mots et les voix. Aux fins de l’exposition, les vidéos passent en boucle, permettant de revoir, relire et recommencer le circuit du sens. Mais si elles étaient perçues dans l’espace-temps condensé d’un seul passage, cela serait bien plus proche de nos états mentaux, dans la mesure où notre « courant de conscience » (stream of consciousness), comme l’a nommé William James, est continu, fluant, telle une rivière coulant continuellement.

Cet écoulement permanent de notre pensée est ce qui constitue notre moi, notre subjectivité, noyau entitaire qui, lui, semble toujours le même. Comme dans les Dates-vidéos, nous entendons plusieurs choses à la fois, nous nous remémorons dans le même temps tel événement n’ayant aucune relation avec ce que nous sommes en train de lire ou de voir, ou encore d’écrire ou de faire. En sollicitant le plus souvent presque toutes nos capacités cognitives ou sensorielles, par imaginaire interposé, les Dates-vidéos nous emportent tout autant dans leur propre flux que dans celui de notre action perceptive, tel un fleuve se mêlant à un autre. Dans l’absolu, il ne faudrait donc pas s’arrêter sur telle partie de la vidéo ou arrêter son déroulement pour mieux appréhender ce qui, par nature, n’a point de fixité. Ainsi que le remarque James, ce serait là une illusion : « Le cheminement de la pensée est si rapide qu’il nous conduit presque toujours à la conclusion avant que nous ayons eu le temps de l’arrêter. Ou si nous sommes assez vifs pour parvenir à l’arrêter, il cesse à l’instant d’être lui-même. Comme un flocon de neige saisi au creux d’une main tiède n’est plus un flocon mais une goutte, de même, au lieu de saisir le sentiment du mouvement d’une relation vers son terme, nous nous trouvons en possession d’une chose substantive, en général le dernier mot prononcé, pris statiquement, dont la fonction, la tendance et la signification particulière dans la phrase ont totalement disparu5. » Ce serait sans doute forcer la comparaison que d’y repérer la fuite mémorielle de la pièce précisément nommée Quelque chose que l’on croit tenir dans la main, mais il s’agit là d’un point fondamental des œuvres de Claire Savoie, relevant de ce cœur intime que nous nommons notre moi. Ma subjectivité, ce que je suis, mon être psychophysique semble inamovible, alors que je me projette continuellement dans le pas-encore tout en ayant quitté le déjà-plus, cela à chaque instant vécu comme présent.

Il est vrai que la conscience possède une relative stabilité sans laquelle je ne pourrais me penser, ressentir, tout simplement exister. Pourtant, je constate également que ce moi se disperse dans le perçu, se dissémine dans les sensations, se répand dans les mots ou phrases entendus et lus. Nous sommes dans les choses et sommes parfaitement extérieurs à elles, nous empiétons sur la réalité et en sommes bien distincts. Les œuvres de Claire Savoie s’articulent entre ces deux modalités, au lieu même où la perception peut tendre à se complexifier ou à se simplifier, mais en révélant toujours une image mentale liée à notre état. Cet espace vague, entre-deux, est ce que James a défini comme la « frange » de la conscience :

« Chaque image mentale reçoit sa couleur du courant de notre conscience. Et elle est accompagnée de l’intuition de ses relations, proches et éloignées, de l’écho lointain de sa provenance, de l’intuition naissante de l’endroit où elle doit nous mener. La signification, la valeur de l’image se trouve tout entière dans ce halo ou cette pénombre qui l’entoure et l’accompagne - ou qui plutôt se fond avec elle et est devenue l’os de ses os, la chair de sa chair. Elle reste, il est vrai, image de la même chose qu’auparavant; mais cette image est appréhendée et comprise différemment. Appelons « résonance psychique » ou frange la conscience de ce halo de relations autour de l’image6. »

Comme dans les Dates-vidéos, les images filmées et les images mentales qui en sont tirées s’entremêlent au point que notre subjectivité se perd dans les méandres des phrases plus ou moins factuelles - les événements rapportés aux informations - et des autres plus ou moins autobiographiques, et nous aurions tendance à nous sentir dépossédés de la réalité de notre moi. Or c’est l’inverse qui se produit tant est prégnante la « résonance psychique » des images mentales, cela moins en raison d’une correspondance des flux des images et des flux de notre expérience - cependant non négligeable - que du fait que ces œuvres exacerbent notre expérience psychophysique, faisant advenir au visible ce halo auparavant imperceptible, indistinguable. En rendant plus excitable la perception, en la poussant ou en la forçant jusqu’aux limites de certaines potentialités, les œuvres de Claire Savoie font se révéler ce qui est autour de nos images mentales, qui passe souvent inaperçu et nous inscrit pourtant profondément dans le monde.

1 Plus d’un titre désigne cette série : Ici (2001) et Déjà (2001) existaient avant que l’ensemble ne soit  nommé Fiction. Sous ce titre définitif, il existe trois versions à cette date, présentées en 2003 au centre Vox, à Montréal; en 2004 à la galerie Tinglado 2, à Tarragona (Espagne); en 2007, au Musée régional de Rimouski.

2 Il faut savoir que, toutes imaginaires qu'elles soient, ces vidéos entretiennent un lien étroit avec le lieu de leur diffusion, ayant été filmées au préalable à même ces espaces pour en révéler autrement la nature.

3 Maurice Merleau-Ponty, Phénoménologie de la perception (1945), Paris, Gallimard, Tel, 1989. Voir toute la première partie, « Le corps », et notamment, dans la partie IV, « L’unité du corps et celle de l’œuvre d’art ».

4 Cité par Paul Valéry, « Degas Danse Dessin » (1936), dans Pièces sur l’art, Œuvres II, Paris, Gallimard, Pléiade, 1993, p. 1208.

5 William James, Précis de psychologie (1892), Paris, Les Empêcheurs de penser en rond, 2003, chap. 5, « Le courant de conscience », p. 116.

6 Idem., p. 121.